Extraction de sable coquillier proche de l'Ile Milliau

Publié le par Trébeurden Patrimoine & Environnement

Le 07.10.2010, à l'initiative de l'association des pêcheurs plaisanciers de Trébeurden et du Comité local des pêcheurs professionnels du quartier des affaires maritimes de Paimpol,  s'est tenue une réunion publique en présence notamment de deux représentants de la Compagnie Armoricaine de Navigation (CAN). Assistaii également à cette réunion, le Maire de Trébeurden. Suite à l'interdiction prochaine d'extraction du mäerl,  la CAN a déposé une demande d'extraction minière pour l'exploitation de 200 millions de m3 de sable sur une période de 20 ans, le temps de la concession. Il convient de préciser que la CAN s'est vu refuser une exploitation pour ce même volume à Quiberon.

La réunion a été animée par une ingénieure halieutique qui a présenté une analyse détaillée des types de pêches, des outils utilisés sur la zone d'extraction convoitée et par Odile Guérin, géologue et élue trébeurdinaise ,qui a présenté des solutions alternatives refusées par la CAN. Toutes les deux ont informé très clairement le public.

La CAN a déposé une demande d'extraction minière auprès de la Préfecture du Finistère ; cela peut étonner que ce soit la Préfecture du Finistère qui soit en charge de cette demande alors que l'exploitation est située sur la zone de Trébeurden.

On peut également s'étonner que la zone d'extraction concernée se situe dans une dent creuse de Natura 2000. En effet, cette zone se situe à la limite de la zone Natura 2000 de Trébeurden et n'est pas encore dans la zone Natura 2000 du Finistère. Par un curieux hasard, heureuse coïncidence ou omission volontaire, c'est justement cette zone non concernée par Natura 2000 qui est convoitée. Est-ce que ce vide Natura 2000 est involontaire de la part des services de l'Etat ?

La CAN justifie sa demande d'extraction de sable coquillier pour adoucir les terres acides de Bretagne. Au cours de la conversation, on s'est vite aperçu que le sable serait expédié à travers toute la France.

Cependant, on peut s'étonner que les sols agricoles soient les seuls destinataires de ces 200 millions de m3.

Ce volume correspond exactement à une demande d'extraction minière refusée dans le Morbihan pour alimenter une cimenterie. On peut penser que le sable prélevé au large de Trébeurden soit, pour la plus grande partie, destinée à se subsituer au projet refusé dans le Morbihan car la demande de construction y est très forte.

La projet d'extraction de sable coquillier à 4 kms de l'Ile Molène à Trébeurden, est une zône de pêche importante pour le bar car il s'agit d'une frayère à lançons dont il se nourrit.

L'étude présentée indique que sur 1 505 jours de pêche recensés pour le quartier des Affaires Maritimes de Paimpol pour les 19 navires de pêche, la zone concernée représente 722 jours de pêche, soit 50 % du temps de pêche.

Le fond marin de cet endroit est une dune hydraulique dont on ignore le temps de sa constitution et combien de temps il faudrait pour qu'elle se reconstitue, si elle se reconstitue.

La dent creuse natura 2000 est d'une superficie d'environ 200 km2. La Can souhaite en exploiter 4 km2. Vu comme cela, c'est peu ; mais la CAN ne précise pas qu'elle souhaite pomper la dune ! s'il n'y avait pas de dune hydraulique, la surface serait bien plus importante ! 

En conclusion de la réunion, le Maire de Trébeurden a déclaré "qu'il ne laisserait pas tomber les pêcheurs professionnels".

Quelques observations :

1 -L'activité des pêcheurs professionnels doit impérativement être préservée

2 - Le sable est nécessaire au maintien de l'intégrité du littoral qui est le bien commun de tous; l'extraction de 200 millions de m3 à proximité immédiate de Trébeurden entraînera une érosion irréversible des plages.

3 - le sable est une ressource non renouvelable

4 - L'extraction de sable doit se faire beaucoup plus au large pour éviter cette érosion des plages ; si la CAN souhaite exploiter si près de la côte, c'est uniquement pour diminuer les coûts et augmenter la rentabilité.

5 - La concession ne doit pas être acccordée pour 20 ans mais à titre précaire par période de 5 ans avec obligation d'une étude d'impact (non financée par la CAN) par deux laboratoires indépendants et après prise en compte du Comité local des pêches.

A la question posée à la CAN, à savoir si à l'issue d'une période de 5 ans d'exploitation l'étude d'impact se révélait négative, est-ce qu'elle s'engagerait à reconstituer cette zone de frayère (il existe plusieurs solutions)  ; la réponse fut : "on réécrira le cahier des charges de la concession ". Responsable mais pas coupable.......

Un point n'a pas été abordé lors de cette réunion : la matière première ne sera pas facturée à la CAN ; quelles compensations financières seront allouées par la CAN aux communes concernées par exemple pour le développement de la pêche professionnelle, l'entretien et la protection des plages..... A suivre

Alain Bidal

13.10.2010

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