Algues vertes : un risque réel pour la santé

Publié le par Trébeurden Environnement

L'Agence nationale de sécurité sanitaire publie, ce matin, son rapport sur les dangers potentielsqu'elles représentent pour les riverains, les promeneurs, et surtout les ramasseurs.

Même si les élus n'aiment pas qu'on le dise, surtout quand arrivent les vacanciers, les plages vertes font désormais partie de certains paysages bretons. Une bonne dose de nitrates, une baie peu profonde à l'abri des courants et l'ulva prolifère dès les premières chaleurs. Le phénomène se répète depuis plus de trente ans. Mieux vaudrait pourtant ne pas trop s'habituer aux algues vertes. Elles représentent un risque, potentiellement mortel.

C'est, de façon ferme, ce que rappelle aujourd'hui le rapport de l'Agence nationale de sécurité sanitaire, l'Anses.Elle avait été saisie par le gouvernement, en février 2010, pour évaluer les risques et formuler des recommandations.

Plusieurs substances toxiques identifiées

Penchés sur un tas d'algues en putréfaction, ses experts ont identifié une bonne trentaine de substances, la plupart gazeuses. Certaines, tel le diméthylsulfure, dont les effets sur la santé sont peu documentés. D'autres, comme l'ammoniac, bien connues pour leur toxicité. « Le plus dangereux est le sulfure d'hydrogène. Il peut être mortel », résume le Pr Gérard Lafargues, directeur scientifique adjoint de l'Anses.

Un ouvrier de 48 ans est décédé, le 22 juillet 2009, après avoir déchargé des algues en décomposition à la déchèterie de Lantic (Côtes-d'Armor). Quelques jours avant, un cheval avait succombé à Saint-Michel-en-Grève (Côtes-d'Armor). À la suite de ces accidents, un plan a été lancé par l'État pour combattre le fléau.

Dès juillet 2010, l'Anses avait formulé des précautions à prendre. Un an plus tard, elle les précise. Aujourd'hui, estime le Pr Lafargues, « si les recommandations sont prises en compte, on est en capacité de maîtriser les risques ». Il est probable, cependant, que des panneaux d'informations ne soient pas, à ce jour, installés partout où des algues non ramassées pourrissent. Pas certain non plus que tous les espaces de ramassage soient systématiquement balisés... « En cas d'accident, la responsabilité des maires pourrait être engagée... »

Promeneurs, pêcheurs à pied, riverains, baigneurs sont concernés. Les plus exposés sont évidemment ceux qui sont chargés du ramassage, du transport et de l'élimination.

L'agence énumère aussi ce que l'on ne connaît pas assez : les effets potentiels de toutes les substances produites par la décomposition ou l'influence du soleil, du vent, du relief « sur le développement des algues ».

Serge POIROT.
Ouest-France
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